«Sphère de turbulences» - 2008 - Exposition «Stratus Locus» - Le Cryptoportique - Reims
sphère gonflable, ø 3 m, impression numérique noir/blanc (exemplaire unique) - collection particulière -
Cette sculpture monumentale à l’image de la terre expose le vide qui la constitue. Silencieuse, en apesanteur, les images de turbulences des météores visibles à la surface de la sphère, pourtant statiques, s’animent lorsqu’un visiteur s’en approche et la frôle. Un infime souffle la fait osciller . Le silence la complète, l’air la forme. 14 m3 de souffle, 14000 litres d’air, 1 journée de vie...
Cette sculpture transparente est une bulle d’air flottante au centre d’un espace clos. Sa légèreté est proportionnelle à son encombrement.
Le 27 février 2007, les tempêtes, typhons, cyclones, orages, nuages stratus/nimbus/cumulus... encerclent la terre. La sphère matérialise ces conflits atmosphériques. Une image pour 24 heures de déchaînement des météores. Une image-temps pour un mouvement. Cet objet flottant s’expose comme la synthèse d’une journée et d’un cycle tellurique. Cette “sphère de turbulences” est l’écran de projection qui aurait absorbé et enregistré l’infime mouvement d’une rotation de l’astre dont nous sommes les hôtes ponctuels. La terre est, ici, vide. Seuls le conflit des fluides et l’énergie immatérielle des flux la rendent visible.
Les vapeurs d’eau en turbulence conjuguent dans une même image, une apparition spectrale et la représentation d’un phénomène physique. Les impressions de flux argentés, gris, noirs et blancs jouent de la lumière solaire qui les irradient, laissant apparaître par superposition, un chaos momifié. Ce globe “oculaire” se balance au rythme des présences, révélant le silence qui l’entoure, comme le pendule de Foucault, il rappelle discrètement que la terre tourne, et que nous ne faisons que passer. “La sphère de turbulence” est une parenthèse suspendue de silence, elle vibre, tremble aux seuls sons de la voix, aux seuls souffles de nos mouvements.