«Pièce de souffle» - 1992 -
Cette pièce a été exposée dans les transept de la chapelle de Val de Vesles (Reims) en juillet 1994, au Fonds Régional d’Art Contemporain de Bretagne, à Rennes en novembre 1994, à la Biennale d’Art Contemporain de Charleroi (Belgique) en 1995, et au Musée de l’Ardenne à Charleville - Mézières en 1997.
La pièce exposée a été envisagée en rapport avec la configuration du lieu ; tant au niveau du format (en fonction de l’architecture) qu’au niveau des matériaux utilisés (couleurs, matières), des conditions climatiques : situations hygrométrique et enfin des particularités acoustiques (résonances, réverbérations sonores). Lorsque le visiteur pénètre dans le lieu d’exposition, il ne perçoit dans un premier temps, qu’un son : souffle d’une respiration (inspiration/expiration), l’installation des pièces au sol, n’étant pas visible.
Le son est diffusé en stéréo (à gauche: son d’expiration, à droite: son d’inspiration). L’installation sonore envahie donc tout l’espace, et invite le spectateur à poursuivre son parcours afin de déterminer la place de la source sonore. Cette pièce travaille tout d’abord sur une notion d’envahissement, et d’écart de perception (ce que j’entend n’est pas ce que je vois, ce que je perçois, n’est pas
ce qui me regarde). Le visiteur est non seulement pris à témoin, mais participe en tant que sujet actif à la mise en œuvre de la
pièce. A hauteur des transepts, les pièces au sol sont visibles, reliées l’une à l’autre par un tuyau de plastique transparent. Une cuve (à droite) diffuse un son d’inspiration (en continu) et contient des granules de silicate de soude posées sur une toile non étanche, l’autre cuve (à gauche) diffuse un son d’expiration (en continu) et retient un fin filet d’eau transparente ruisselante sur
la surface d’une toile blanche étanche.
La pièce droite, absorbe par sa surface (silicate de soude), l’humidité diffusée par la respiration du spectateur, (plus le nombre de visiteur est important, plus la quantité d’humidité ambiante est importante) mêlée à l’humidité du lieu d’exposition. La pièce de gauche, diffuse la respiration des spectateurs, transformée sous forme liquide (eau) en goutte à goutte, à la surface de la toile, l’eau recueillie dans la cuve de droite : expiration, est conduite par le tuyau de plastique. (intermédiaire, fil de
communication et de diffusion).
Cet échange, ce transfert, d’un lieu à un autre, d’un réceptacle à l’autre, cette communication dans l’écart (de sons et d’espace) est possible par l’emploi du principe des vases communicants. Ce que je vois est provoqué par ma présence, ce que j’entends n’est autre que le son qui rends vivant ce que je vois...
Cette pièce devient autonome une fois installée, elle fonctionne, par la présence de spectateur, ou se tarie par leur absence. L’eau
récupérée et diffusée sur la surface d’expiration s’évapore et est ensuite ré-absorbée par la surface d’inspiration. La pièce fonctionne alors en circuit fermé (cycle).